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L’Ailleurs mis en examen

Lors de mes études… Mes études oui! Et voilà ça recommence!! Oui j’ai étudié, pourquoi tu te marres?! C’est ma tronche qui ne colle pas avec un gars qui aurait fait des études?! Bref, je vais faire comme si je n’avais rien entendu!

Lors de mes études, j’ai été confronté à la thématique du discours binaire du voyageur, de l’explorateur face à l’Ailleurs mis en confrontation avec l’Ici, avec le Moi qui se détache de l’Autre… Ahhhhhh mon dieu ça recommence!! J’ai écrit un mémoire de 120 pages là-dessus que j’ai eu du mal à roter et maintenant je me retrouve encore à utiliser ces termes!! Ils me poursuivent!! 🙁
Bon je vais faire un effort…

J’ai beaucoup insisté sur la comparaison dépréciative qui était faite sur l’Ailleurs par les explorateurs du XIXe siècle et sur les implications de celle-ci dans l’imaginaire que Genève s’était construite du monde… Et ben mon gars, ça m’arrive de faire la même chose!!! C’est affreux pour moi de m’en rendre compte!! J’adore voyager, j’aime découvrir de nouveaux paysages, de nouvelles villes, de nouvelles saveurs, mais il m’arrive parfois de comparer tout ça avec notre belle Suisse, ses montagnes, ses parcs, ses lacs et ses routes… Comme tu t’en doutes sûrement la Suisse gagne bien trop souvent haut la main…

Bon ok mais pour moi le monde est beau en soi peu importe le regard qu’on porte sur lui ou les jugements qu’on peut lui étiqueter, il est comme il est, point barre… Du coup lorsqu’on me pose cette question Alors c’était comment ? Je ne peux pas m’empêcher d’avoir deux opinions… La première est celle un peu naïve de dire que c’était simplement comme c’est et que je n’ai pas vraiment d’avis à donner car j’ai l’impression qu’on peut vite tomber dans la comparaison lorsque l’on décrit ce que l’on a vu et celle-ci est bien souvent donnée au détriment du lieu visité, du moins pour les lieux que j’ai pu traverser en moto… C’est pourquoi je réponds Euhhhhhhh… Bon tu vois le tableau… La deuxième est toujours la même… C‘était simplement beau… Beau en soi car tout bêtement incomparable…

Dire le contraire c’est se laisser aller à une comparaison inutile ou écouter ses propres ressentis… Je suis plutôt du genre à essayer d’éviter ces deux derniers pour pleinement apprécier chaque endroit, chaque personne, chaque plat et me donner ainsi les moyens de les regarder tels qu’ils sont et non comme un simple point de comparaison et de descriptions…

Le monde ne se juge pas, ne se compare pas, il se découvre… Tout simplement…

Avancer

C’est fou, j’aime la moto!! J’aime être posé sur celle-ci et rouler, faire de la route, prendre des virages, accélérer!! C’est une sensation magique… Je me suis néanmoins rendu compte d’une chose en restant bloqué en Géorgie, c’est qu’au fond ce que j’aime vraiment c’est d’avancer!!! Le voyage en moto te permet de prendre du plaisir sur cette machine unique mais elle te permet surtout de rendre ton voyage incomparable car c’est toi qui te le construit dans tous ses aspects… Tu vas où tu veux, quand tu veux et tu décides toi quand t’arrêter ou de continuer et d’avancer!!

Je suis allé voir tous les recoins de la Géorgie, les différentes villes, les différents paysages que l’on peut trouver dans ce surprenant pays… Mais je me retrouve au même point… C’est étrange car j’ai tout de même roulé… Mais je n’ai pas avancé… Je n’arrive pas trop à m’expliquer pourquoi ce n’est pas la même sensation que lorsque j’ai traversé la Turquie ou l’Arménie, j’ai l’impression que c’est derrière moi maintenant et que je suis passé à autre chose car j’ai avancé… Ici, en Géorgie, je l’ai fait pour ensuite revenir en arrière, c’est ça qui ne me va pas, je suis bloqué et ce malgré ma moto et moi… Je ne veux reprendre la route qu’une fois que je serai sûr de pouvoir aller de l’avant pour ne plus revenir, pour ne plus rebrousser chemin mais juste pour avancer… Au final c’est cet aspect là du voyage en moto qui est important pour moi et qui me procure vraiment du plaisir, pouvoir avancer et voyager en faisant de la moto et non uniquement faire de la moto… L’important c’est donc d’aller de l’avant…

Tous les matins

En me levant, c’est particulier, je me fais toujours la même remarque, mais qu’est-ce que je suis venu foutre là?! Dans ce lit qui m’est encore inconnu malgré la nuit passée à me tortiller, à me reposer et peut-être même à rêver… Dans cet endroit qui m’est étranger et que je vais quitter aussi rapidement que j’y suis arrivé… C’est drôle mais au réveil avant même d’ouvrir les yeux je pense à mon chez moi, à ma famille, à mes amis, à mon lit et ce avec une certaine nostalgie…

Je n’ai pas forcément la méga envie de recommencer, comme tous les matins, le même rituel… Ressentir mon corps, ses douleurs et ses courbatures dont certaines ne me laissent tranquille que trop rarement… Faire ma petite gym qui me permettra d’affronter cette journée… Prendre une douche, enfiler le pantalon et les bottes qui ne font presque plus qu’un avec moi vu les heures passées dedans… Mais je vais te faire rêver en te disant que je ne les lave à la main que toutes les deux semaines si j’en ai l’opportunité car ça prend du temps, je n’en ai qu’un et pour qu’il sèche je ne te raconte pas… Devoir enfin empaqueter toutes mes affaires et tous les jours d’une manière différente, impossible de s’en tenir à une seule façon ou bien tout simplement de s’en rappeler…

Peut-être qu’au fond, tous les matins, j’ai envie d’une chose, c’est d’être à la maison, chez moi, dans mon petit confort si rassurant et si apaisant… Je repense à la facilité de la routine qui ne te questionne pas, te laissant aller à tes habitudes quasi automatiques du quotidien, c’est presque rassurant en fait cette idée qui pourtant est si souvent critiquée…

Tous les matins je me lève sans avoir la moindre idée de ce qui m’attend, rien, ni la destination précise, ni la route que je vais emprunter, ni la météo que je vais trouver, encore moins les éventuels problèmes et obstacles auxquels je vais devoir faire face, seul… L’unique chose certaine c’est que je serai sur ma moto… Au final ça me permet de ne pas y réfléchir et de laisser venir les événements selon leur gré, c’est peut-être déjà ça de moins à penser…

Tous les matins pourtant, après avoir enfin ouverts mes paupières, je commence à retrouver l’excitation qui me pousse à voyager de cette manière, une excitation de la découverte, de l’émerveillement et d’une volonté de voir le monde défiler tel qu’il est et non tel que j’ai pu me l’imaginer… En envisageant ce voyage, je me suis figé de nombreuses fois face à une carte du monde en imaginant à quoi pouvaient bien ressembler les paysages, les villes et les routes que j’allais traverser… En le faisant, ce sont des souvenirs, des moments, des ressentis et des visages que je réussis ensuite à placer sur l’imaginaire qu’une carte me procure lorsque je la regarde pour voir le chemin parcouru…

Ces voyages me font rêver et me font vivre même si je suis parfois incertain… Au fond, tous les matins, je doute, tout simplement… Je dois alors vite enfourcher ma moto et avancer vers l’inconnu… Un inconnu qui nous ouvre ses portes, à ma moto et à moi…

Bloqué en Géorgie 2

Alors maintenant c’est plus que confirmé!!!! Je suis bloqué en Géorgie et cette fois-ci ça risque d’être pour un bon bout de temps!! Aujourd’hui même je me suis présenté à l’ambassade suisse pour avoir des informations un peu plus officielles… Ouais… Tout d’abord la route est belle et bien fermée… Il y a 5 jours on m’a donné comme info « il leur faudra 12-15 jours pour nettoyer la route », bien!! Aujourd’hui l’info c’est « il leur faudra 15 jours pour nettoyer la route », pas bien!! T’as vu le problème toi-même ou il faut te redonner des cours de mathématiques? Parce que là sérieux je ne peux rien faire pour toi si tu ne l’as pas compris tout seul… Mais bon, étant donné que je n’ai rien à faire de mes journées en ce moment je vais prendre le temps de t’expliquer… On se fout royalement de ma gueule là!!!!! Voilà, c’est plus clair maintenant? T’as compris? Je pense que ça ne sert à rien de t’expliquer clairement parce que là franchement la blague est beaucoup trop évidente…

Première super info, donc moi de mon côté j’ai déjà prévu un plan B, un plan C, un D et même un E!!! Et oui mon gars, c’est comme ça, j’arrive à prévoir l’imprévisible!! C’est pour ça que je suis bloqué ici pour deux semaines, tu vois? C’est ça l’expérience du terrain que j’ai accumulée pendant toutes ces années… Blague à part, le plan B c’est l’Abkhazie mais le consul me regarde avec des grands yeux et me dit simplement de ne pas y aller car si j’ai besoin qu’on me sorte de là et ben on me laissera là-bas… Oui oui, étant donné que cette zone fantôme n’est reconnue que par quelques pays, ceux qui ne la reconnaissent pas restent dehors… Ok, je peux prendre le risque mais j’hésite… Plan C, c’est Baku en Azerbaidjan. Le souci c’est que je suis allé en Arménie avec mon passeport suisse donc il est grillé, j’ai donc déposé mon passeport italien à l’ambassade pour faire ma demande de visa et là le gars me regarde et me demande si j’ai un autre passeport… Non pourquoi? Parce que mon gars il n’y a pas le tampon géorgien sur ton passeport italien donc t’es rentré avec quoi ici en Géorgie où tu te trouves maintenant en face de moi?! Euhhhhhhhhhh… Avec ça… Et là je tente vraiment la grosse connerie… Je lui montre ma carte d’identité suisse!!! Là franchement je le prends pour un con, je le sais, il le sait surement et je pense que n’importe qui l’aurait su… Il me regarde, je le regarde et il me dit « Really? » Moi confiant je lui dis que oui, que je n’ai pas besoin de visa pour la Géorgie et que je suis rentré avec ça… Mais on ne t’a pas tamponné à l’entrée? Non! Et là j’insiste en lui montrant la carte l’air un peu débile et un peu naïf… Il regarde son collègue, lui parle en je ne sais quelle langue et le type d’à côté lui fait signe que c’est bon, enfin je crois, car il se peut qu’en fait ils se soient simplement dit que de toute façon ils s’en fichent et que s’il y a un problème ce ne sera pas le leur mais le mien… Moi en attendant j’ai payé mes 35euros de frais que la Bank of Azerbaijan a encaissé, donc franchement pour eux ça ne change rien… Mais pour moi, j’attends et me questionne parce que si le plan C ne marche pas, les derniers plans sont loin d’être satisfaisants…  Le D c’est d’aller par l’Iran… J’ai entendu de tout concernant l’Iran, avec la moto c’est juste trop chiant de rentrer là-bas, mais non tu verras il n’y a aucun souci, avec le passeport suisse tu ne peux pas faire la demande à l’étranger, tu dois la faire en Suisse, mais non tu peux le faire à l’étranger… Bref, moi demain je vais à l’ambassade que je n’ai pas eu le temps de trouver aujourd’hui… Si j’ai le visa iranien c’est cool mais le problème après c’est le Turkmenistan… Je t’en parlerai si c’est le plan D qui remporte la palme parce que franchement j’ai pas envie de t’expliquer mais sache que ça peut être un gros souci… Plan E c’est d’attendre que la route soit dégagée mais bon, attendre des deux semaines à répétitions ça va vraiment pas le faire… J’ai envie de bouger mais je ne veux pas tourner en rond en Géorgie, j’ai déjà donné, et la seule voie qui me permettrait d’avancer dans ce cas c’est celle qui mène à la maison… Plan F…

Bloqué en Géorgie

Je crois que la Géorgie fait de tout pour éviter que je ne la quitte…

Hier matin, après avoir préparé mes affaires et réglé ma note des deux nuits passées à l’auberge à Koutaissi, je demande au jeune qui possède le lieu s’il peut se renseigner pour avoir des précisions concernant le poste frontière, le seul, qui permet d’accéder à la Russie… Car on m’a dit lors de mon séjour en Géorgie que la frontière était fermée… Ben voyons!!

Il fait deux trois appels et là c’est la blague du jour… Le poste frontière n’est pas fermé, il n’est tout simplement plus accessible… La route a été ensevelie par un écoulement de terrain et ils vont mettre entre 12 et 15 jours pour dégager la route… Super! Surtout que je me dis que 12-15 jours géorgiens, si c’est comme les « one moment » à la frontière, je peux toujours aller me gratter!!

Il y a une autre frontière vers la Mer Noire mais celle-ci permet d’accéder à l’Abkhazie, une zone fantôme qui s’est séparée de la Géorgie au début des années 90 et reconnue uniquement par une poignée d’Etat… Je vais donc essayer de voir s’il m’est possible de transiter par là… Je prends alors la route, y vais avec une certaine confiance avant de me prendre les douaniers dans les dents, impossible de passer même si j’ai un visa russe… Je dois donc rebrousser chemin et aller faire une demande de visa via Internet qui prend 7 jours si c’est accepté… Car ni la Suisse, ni l’Italie ne font partie des quelques poignées de pays qui ont reconnu cette zone…

Je me dis alors qu’il ne me reste plus qu’à changer mes plans, demander un visa pour l’Azerbaidjan, avec mon passeport italien car mon passeport suisse est tamponné par l’Arménie, et descendre à Baku pour éventuellement prendre un bateau direction Aktau au Kazakhstan… Mais j’ai un petit souci, c’est que j’avais l’intention de changer mes pneus en Russie car en Géorgie, si tout va bien, je dois attendre 20 jours pour les avoir… Il y a éventuellement la possibilité d’en trouver à Baku mais difficile d’entrer en contact avec des garages locaux…

Je suis même en train de me dire que je pourrais aller en Iran faire un tour puisque si je dois attendre deux semaines que la route s’ouvre à nouveau ou pour avoir des pneus, j’ai le temps de me faire copain avec toutes les ambassades du coin… Ou alors de rebrousser chemin et rentrer tranquillement à la maison… C’est quand même bien la maison finalement 🙂

Bref!! La Géorgie ne veut pas me laisser repartir, moi je ne sais plus dans quel sens aller donc ne t’étonne pas de trouver sur la carte qui indique ma position un zigzag hallucinant!! C’est juste l’hésitation et le refoulement!!

Je l’aime bien ce pays mais quand même… J’ai envie de bouger…

 

Vardzia, Gocha et Chacha

Aujourd’hui aura été une journée mémorable!! Non seulement la route a été incroyable, les paysages fabuleux mais la fin de la journée m’a réservé l’une des plus belles surprises que ce type de voyage peut vous donner…

Après avoir vu le site de Vardzia, un monastère niché dans les montagnes, formant des grottes le long de la falaise et créant des galeries des plus improbables, je décide de rester dans le coin pour pouvoir profiter le lendemain de la lumière du lever du soleil sur ce fameux site…

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C’est quoi ces trous?! C’est sérieux tout ça ou c’est une blague?!

Je cherche alors un endroit où camper mais je ne tombe que sur des champs de fermiers… Je croise alors un homme avec son chien… Sans hésiter plus longtemps je lui demande s’il m’autorise à planter ma tente sur son champ afin de passer la nuit… Je lui montre ma tente et le lui fait comprendre… Il me fait signe avec la main de le suivre… Je ne comprends pas tout de suite mais cet homme me demande simplement de le suivre chez lui… Moi, tu penses bien, je me le fais pas dire deux fois…

Une fois arrivé dans sa maison, il me montre une chambre, la douche et la cuisine… Gocha, son prénom, m’invite à dormir chez lui car il ne veut pas me laisser dehors, il y a trop de « chacal » qu’il me dit, le flip!! Sa femme, Marina, nous fait à manger et l’on trinque toute la soirée… On discute de nos vies, de nos familles et d’autres choses en utilisant les mains et Google Translate!! C’est juste magique… Cette famille est dès plus incroyable et cette soirée restera à jamais gravée dans ma mémoire…

Tous les produits mis sur la table proviennent de leur jardin qu’il m’a montré plus tôt avec fierté… On trinque à mon voyage, à mon futur, car Gocha n’est pas content que je ne sois pas encore marié et que je n’aie pas encore d’enfants alors que lui, à 25 ans, c’était déjà fait!! D’ailleurs lorsque l’on trinque, tout un rituel dans ce pays, il me dit plus ou moins « tu es venu de Suisse jusqu’ici, tu vas partir ensuite d’ici pour aller en Suisse, tu vas te marier et avoir des enfants. Et comme ça No Problem » qu’il me dit… Il me fait rire pendant tout le repas même si je passe la moitié du temps à répéter ce qu’il dit en essayant de comprendre ce qu’il dit… Mais au final on y arrive toujours… Enfin…

C’est drôle… Ma famille me manque après plus d’un mois loin d’eux… Mais des soirées comme celle-ci me font sentir à la maison, serein et rassuré… Non Maman ne t’inquiètes pas, tes plats sont nettement plus somptueux et Papa tes « Luciades » ne peuvent être égalées par personne!!!

Bref! J’ai bu beaucoup trop de « chacha » ce soir, et ça commence à bien faire… Ces géorgiens sont très accueillants et très chaleureux mais moi je ne vais pas tenir le coup entre longue journée de moto et soirée alcoolisée à la vodka géorgienne!! Surtout que celle-ci est à 70°!! Gocha me montre comment il la fait et il insiste bien sur l’importance du 70° car plus bas c’est du « water » qu’il me dit!! C’est vrai, le vin qui accompagne le repas, fait également maison, ne se sent plus, c’est de l’eau… Rassurant… Surtout que lorsque Marina amène à manger, on ne commence pas par la nourriture, non non, tu penses bien, c’est pas comme chez nous, ici, c’est cul sec un verre de chacha et ce dans une corne de vache!!! Le pied!! Après ça on peut commencer à manger… Mais je te promets, deux verres de ce chacha et j’ai la tête qui commence à tourner… Bons moments en perspectives…

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Non ce n’était pas du Limoncelo je t’assure

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Bon, sur ce, je te souhaite une bonne nuit car moi je dois dormir et demain une longue route m’attend en espérant pouvoir rentrer en Russie car tout le monde me dit que la douane est fermée maintenant!! Super!! Beaucoup de chacha m’attendent du coup…

Tbilisi

Au départ, je ne devais rester dans cette ville que 2 ou 3 nuits, histoire de faire un peu le point, d’organiser la suite et de pouvoir trier mes affaires afin de renvoyer le superflu à la maison, 5kg quand même… Trop de chose embarqué sur la moto, beaucoup trop!! Le problème à la fourche m’a bloqué ici 4 jours durant lesquels j’ai eu le temps de visiter cette ville, rencontrer des gens et gouter un peu aux saveurs locales… Résultat, ça fait 3 jours de plus maintenant que je dis au responsable de l’auberge que je m’en vais le lendemain… J’aime trop cette ville, les gens, la bouffe et ce bar où tous les soirs il y a du jazz live! Ou du live jazz? bref du jazz fait par des gens sur le moment, hihihi!

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Avec Mezut, un type incroyable que j’ai vraiment eu du mal à quitter

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François, c’est dingue comme il est épaté par le monde dans lequel on vit…

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On boit, on mange et on se marre… C’est juste le pied… Je me rends compte en ce moment que c’est ce qui est plaisant dans ce genre de voyage, la possibilité de juste écouter ses propres sensations, ses propres envies et désirs… Le souci c’est que ces derniers vont un peu dans tous les sens, j’ai envie de me poser alors je le fais, sans me préoccuper de dates, d’échéances ou d’autres, même si j’ai une forte envie de reprendre la moto, de bouger et d’aller de l’avant… Ce que je ferai demain… Promis!

Tbilisi et quelques dérives

Après quelques jours passés en Arménie à sillonner les vallées, me voilà à Tbilisi, capitale de la Géorgie… Arrivé à l’auberge, je retrouve Dyngkai qui est lui aussi arrivé là le jour d’avant… L’endroit est agréable, les gens accueillants et les collines nous font un joli coucou depuis l’arrière plan, parfait… Faut dire que le dernier coin que j’ai trouvé pour dormir en Arménie était juste horrible mais je n’avais pas eu le choix…

Je reste presque une semaine ici à cause d’un problème de joint spy de la fourche avant qui a sacrément morflé lors de l’arrivée en Arménie sur la route que ma mère a nommé « l’Emmental Road », c’est clairement ça!!! (voir l’article Direction l’Arménie). J’ai de l’huile qui coule le long des fourches et qui vient se poser sur les freins et sur les pneus, que du bonheur!

Bref, c’est un miracle, il y a un garage de moto dans la ville!!! UN!!! Oui UN!! Pourquoi t’insistes? Non non pas deux, pas trois, mais un seul, pas un de plus, arrête je t’ai dit!! T’as qu’à venir voir par toi même et demander aux géorgiens s’ils connaissent un garage de moto, tu verras comme moi le vide s’installer dans leurs yeux, vision ultime pour toi qui attend de leur part « La Vérité », oui celle qui va te sauver parce que sans elle tu pourras aller pleurer dans un coin en essayant de trouver une solution s’il y en a une…

Je sais, là, lecteur, ami, inconnu, voyeur impulsif, tu es en train de te dire, mais ce type part sur sa moto et il ne sait même pas comment la réparer? Mais il est fou! Ben non! Je suis juste un peu inconscient oui, mais pas fou… Je sais mettre l’essence, vérifier la pression des pneus et mettre de l’huile pour mon moteur, voilà! Pas grave, je crois au petit bonheur la chance, celle qui m’a toujours sauvé jusqu’à présent et surtout je crois en ma moto, cette chère et tendre amie qui m’accompagne et me mène là où je veux… Presque où je veux… Bref je fais le malin encore une fois mais je serai le premier à pleurer si je trouve pas de solutions à un problème rencontré!!

En attendant ici, je trouve le saint graal, pardon ce garage… Il faut savoir que ça n’existe pas vraiment ici les deux roues et encore moins les motos… Il y en a mais ça commence gentiment à se développer donc c’est encore rare… Les gens te regardent comme si tu venais d’une autre planète et certains te demandent même « Mais pourquoi? Pourquoi tu fais ça en moto? » Genre tu sais on a inventé ce qu’on appelle des voitures, il y en a de toutes sortes et il y a 4 roues!! Oui je sais mais ce que tu ne sais pas mon cher ami, c’est ce que procure la moto, la conduite sur cette machine que tu sens sur tout ton corps, les mains, les bras, les épaules, le dos, les pieds, les jambes et surtout les fesses!! Cette sensation incroyable de ne faire qu’un avec la machine, avec ses bons aspects et ses mauvais côtés, oui il y en a, oh oui mais ils te permettent de le vivre encore plus intensément… Je fais le malin là à vous raconter tout ça mais pour moi le voyage en moto ça été une découverte dû au hasard de la vie, pas du tout réfléchi, pas du tout prémédité, même pas recherché, c’est drôle quand je pense que maintenant c’est simplement par cet engin, cette machine et ce compagnon que je trouve une satisfaction et un plaisir inégalé… les autres peuvent aller se gratter! Je rigole, parfois j’ai envie de la laisser dans son coin et marcher, prendre un bus, un avion ou le train mais au final c’est toujours vers elle que je me retourne, que mes fesses se posent pour que mes paumes puissent enfin ressentir la beauté et l’impulsion du moteur qui fait vibrer le tout, wouaou, enfin te revoilà!!

C’était à l’université, avec l’un de mes meilleur pote et femme de ma vie si c’en était une, Killian, que l’on commençait gentiment à baver devant les belles Harley-Davidson, que du plaisir pour les yeux, oui que pour les yeux!! Bref, on a un rêve, s’en acheter une car c’est juste incroyable cette machine… Je n’ai jamais conduit de moto et la première bécane que je me paie c’est une Forty-Eight 1200cc toute noire, belle à en crever et inconfortable à souhait… Cette moto vibrait tellement qu’en roulant je devais revisser les boulons! hihi, je déconne… Enfin pas tout à fait quand tu sais que le moteur est indirectement attaché au cadre par des sortes d’amortisseurs pour réduire les vibrations, heureusement qu’ils sont là ces trucs!!!! Bref, un jour, un dimanche, je me dis, tiens je vais aller faire un tour, je prends mon sac de montagne, je le remplis de caleçons, de chaussettes et de quelques tshirts et j’attache avec une corde un jerricane de 5 litres derrière ma moto car je n’ai que 100km d’autonomie!! Ahahah! Bref, je pars le mardi qui suit et la route va me mener jusqu’à Mostar en Bosnie, sans GPS avec une carte dans la veste et juste avec mes mains! Oui la Bosnie, juste derrière la Costa del Sol des balkans la Croatie… Si je suis rentré, c’est parce que je suis tombé malade comme un chien et que mon cerveau me criait « Maison! Maison! Maison! » Donc je suis rentré à la maison… Mais ce fut 15 jours inoubliables pour moi et surtout la découverte de la beauté de la moto!! J’ai déjà fait de longs voyages en voiture, à pied, en avion, bref le traditionnel, mais la moto….

On ne peut le comprendre qu’en le faisant…

Après être rentré de ce voyage et avoir découvert l’existence de certains muscles de mon corps encore inconnus jusque là, je décide de vendre la Harley pour m’acheter une moto de voyage… Je voulais partir sur une Tiger 800 mais le jour où je l’ai montré à Barbara, car on voulait aller en Corse à moto, elle m’a dit « Jamais je ne monterai là-dessus!! », je me rappelle encore de son regard décidé et décidant, hihi! Du coup je me retourne vers la 1200 Explorer XC qu’elle me montre et dont je ne regrette nullement l’achat jusqu’à maintenant… Le bonheur sur cette moto, je le dois donc au regard persuasif d’une femme…

Bon, je pense que le titre de cet article parait plus clair maintenant, « il ne devait pas parler de Tbilisi? » oui oui mais bon parfois mes pensées divagues et tout à coup tu te retrouves à Bihac en Bosnie ou à Bursa en Turquie, oui, voilà, c’est comme ça! J’en étais où moi avec toutes ces histoires? Ah oui, le garage! Bref, il arrive à me la réparer après deux interventions. Voilà!!

Arménie

Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en arrivant en Arménie mais la différence avec la Géorgie que je viens de traverser est juste frappante… Je parle plus de l’empreinte humaine que des paysages qui eux sont tout aussi beaux… L’architecture reste celle d’un pays marqué par l’URSS avec ces magnifiques blocs gris typique…

Je passe une nuit près de Gyumri qui m’a permis de m’initier aux saveurs locales…

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Ne te demande pas pourquoi... Je la trouve juste sympa...
Ne te demande pas pourquoi… Je la trouve juste sympa…

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Le lendemain, c’est direction Erevan, la capitale… Je pense juste m’y arrêter pour manger et boire un verre avant de reprendre la route… En y allant, je me retrouve sur une route qui est en travaux… Les panneaux indiquent 50 km/h mais bien évidemment c’est une formalité sans intérêt pour les locaux qui frôlent plutôt les 100 que les 50… Du coup, moi, j’essaie de m’intégrer le mieux possible aux coutumes locales, alors je vais également à leur vitesse… Je te promets, c’est pour me sentir mieux intégré, c’est tout, rien d’autres… Arrête ça, si je te le dis c’est que c’est vrai!! Moi quand je voyage j’aime faire comme les locaux, que ce soit pour la nourriture, le mode de vie ou la conduite… Sache juste que ce n’était pas du tout une zone habitée, c’était en pleine campagne… Bien évidemment il aura fallu qu’une voiture de flic me croise, me fasse les phares et rebrousse chemin pour me demander d’accoster… Bon ok, les types veulent juste contrôler si j’ai les papiers en règles et si j’ai bien souscrit l’assurance véhicule à la frontière… Je m’arrête, descends de la moto, enlève mon casque et affiche un très grand sourire… L’un des policiers descend et me fait signe de le suivre vers la voiture… Je le suis, il me demande de regarder à l’intérieur et là, très très grand frisson le long de la colonne, ils ont une caméra embarquée qui contrôle la vitesse… Quoi??? C’est une blague, même en Suisse ils n’ont pas ça les types! T’as un peuple qui n’a presque rien et toi t’équipes les voitures avec ce genre de technologie?!?! Bref, du coup j’ai droit à un joli film de moi, sur ma moto en train de prendre le petit virage à…. 100km/h!!! Oui oui, un joli 100 s’affiche quand je passe et le plus beau c’est qu’on me voit les saluer de la main!! Mythique! Bref, je savais très bien à combien j’allais mais je me suis dit que j’avais peut-être un peu ralenti à ce moment là… 🙂

Magnifiques images par ailleurs, j’aurais dû leur en demander une copie… Bon, je les regarde, ils me regardent, on se regarde et là le flic à l’intérieur me tend un tableau avec plein de chiffres, j’y capte rien, il me montre et je commence à comprendre… +40km/h, puisqu’ils enlèvent 10 de marge je pense, c’est 200USD, oui dollars américains! Ok, sans rien dire, je me dirige vers la moto et je met les gaz!!!!! Non je rigole, je vais juste prendre mon porte monnaie, sors l’équivalent de 20-30 CHF et me redirige vers les flics… Discrètement je leur tends le billet et leur dit « Ok? », l’un d’eux me prend le billet des mains en regardant autour de lui et me dit « Ok! » Tout le monde est content, ça nous évite de la paperasse à remplir en arménien alors qu’ils ne parlent pas anglais, moi ça m’évite de débourser trop de billets et eux au moins ils repartent avec quelque chose dans la poche… Voilà, c’est la première fois que je soudoie des policiers mais j’ai pas hésité une seconde.. Cette somme, c’est déjà énorme quand tu sais que le salaire moyen en Arménie est de 300USD par mois…

 Je reprends la route direction Erevan mais là la route semble infinie… Je te laisse deviner pourquoi… J’arrive à Erevan et je croise un magasin d’outils pour les voitures… J’ai besoin d’une clé dynamométrique… Tu sais pas ce que c’est? Ben imagine montrer une image de l’outil à un type en Arménie, la blague! Suprise, il me dit qu’ils l’ont pas mais que je peux essayer d’aller voir au « Market »… Ok mais il est où ton truc? Il essaye de m’expliquer et là deux russes entrent dans le magasin, ils parlent avec le jeune et celui-ci me dit ensuite de suivre les deux russes qui peuvent m’amener à ce fameux « Market »… Je monte sur la moto et les suis… On arrive dans une sorte d’énorme bazar à ciel ouvert, les types me font signe que c’est là et ils se barrent… Bon moi je me retrouve là au milieu avec tous les regards qui se posent sur moi et mon regard qui ne sait pas vraiment où regarder… J’aperçois une petite arcade d’un type qui change des pneus, je me dis que lui devrait savoir… Je lui demande, il réfléchit et me dit de le suivre… Il m’emmène dans le « Market » et commence à demander à tout le monde, du coup on zigzag et au final on trouve un type qui a l’air de savoir de quoi je parle… Il en a une mais c’est pas la bonne, celle-ci est plus pour les voitures et moi j’en ai besoin d’une d’un plus petit calibre… Bref on retourne vers son arcade et là il me fait signe de mettre la moto dans son garage… Je le fais et là c’est le rodéo qui commence!!! Il m’embarque dans sa Lada qu’il a lui même équipée d’une énorme bombonne de gaz dans le coffre car c’est nettement moins cher que le pétrole… Rassurant! Du coup on sillonne la ville, de « Market » en « Market » pour trouver cette clé! Après 2-3h passées à rouler comme des malades dans cette ville, on trouve un type qui connait quelqu’un qui pourrait en avoir une!! Non?!?! J y crois pas! Il appelle, on le rappelle, il rappelle à nouveau et on le rappelle à nouveau… Franchement, au-delà du fait que j’ai réussi à trouver cet outil que j’avais impérativement besoin, ce qui a rendu plus belle la trouvaille, c’est de l’avoir faite en Arménie!!!

On prend le temps de se boire une petite bière satisfaits tous les deux d’avoir trouvé l’outil… C’est dingue comme cet « étranger » a été si disponible pour moi alors que je ne lui ai rien demandé! On finit la journée dans son petit jardin à manger les abricots fraîchement cueillis… D’ailleurs, petite parenthèse, en Arménie les gens te donnent des abricots à tout bout de champs pour te souhaiter la bienvenue, je me suis retrouvé avec mon top case rempli de ce fruit!! Spartac, l’homme qui m’a aidé, me propose même de rester manger et dormir dans sa maison qu’il partage avec ses parents… Juste fou! Mais à ce moment je ne sais pas pourquoi j’avais envie de reprendre la route et d’avancer… Spartac m’a montré le visage d’une Arménie restée dans une grande pauvreté mais possédant un cœur des plus généreux…

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Shat shnorakal em ko oknucyan hamar enkieres

En direction de la Géorgie, toute une série de monastères se succèdent le long de la route, perchées sur les hauteurs…

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Les coulisses…. hihi!

Direction l’Arménie

Killian me quitte à Kars, il doit rentrer pour le boulot et a une tonne de kilomètres à faire!! Je reprends la route direction la Géorgie pour pouvoir atteindre l’Arménie car comme tu le sais très bien, les frontières entre l’Arménie et la Turquie sont fermées depuis 1994… Non? Ben maintenant tu le sais…

Avec Dingkai, on trace pour y arriver le plus vite possible mais le passage à la frontière va être mythique… Celui avec la Géorgie est d’abord une répétition de « one moment » et de « one minute » de la part des douaniers parce que pour Dingkai, qui a un passeport chinois et une carte de résidence espagnole, ça s’avère bien compliqué car les douaniers ont un doute sur l’authenticité de la carte espagnole… No comment… Du coup on reste bloqué 2h là-bas, juste le temps pour qu’un énorme nuage bien noir, de ceux qui font arriver la nuit même si c’est 16h, se pointe… Nous du coup, on est tout content, on n’a pas d’hôtel, on n’a pas de gps pour la Géorgie, la nuit, ou le nuage, est en train de tombée avec la pluie qui l’accompagne, donc la fin de journée s’annonce top…

Arrivés à un hôtel, après avoir parqué les motos dans le hall d’entrée, oui, le hall d’entrée, et déposé nos bagages dans la chambre, un type nous accoste, un jeune, la vingtaine, qui nous demande si l’on veut aller boire des coups avec lui et ses potes… C’est clair!!! Du coup on le suit lui et ses potes qui viennent d’arriver… On est encore avec nos pantalons de motos et on est monstre fatigué mais ça peut être une chouette soirée… On marche et on va se poser sur des bancs dans un parc à peine éclairé… On discute principalement avec Jorgi qui parle anglais car il a passé deux ans en Afghanistan pour le compte d’une Géorgie désireuse de se faire une bonne image auprès de l’UE… Avec les autres, c’est comme toujours, avec les mains mais cette fois-ci il y a Google Translate Jorgi qui est là… Bref, on boit, on grignote et on discute même si après un petit moment on se rend compte que les trop nombreux verres de chacha de Jorgi le font partir dans tous les sens, mais on se marre bien…

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Khinkali à la viande

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Une nuit en Géorgie et on est reparti pour l’Arménie… La route pour y arriver est bonne presque tout du long mais les derniers 40km vont être terribles!! Il pleut, il fait froid et la route devient un vrai champ de trous mais une série de trous dans la longueur et dans la largeur!! Ce qui fait que non seulement toi tu dois faire gaffe à ne pas les prendre mais en plus tu dois faire gaffe aux voitures qui zigzag dans tous les sens parce qu’eux aussi font de tout pour les éviter! Ce qui va rendre ce parcours du combattant encore plus magique, c’est que, puisqu’il pleut, les trous sont en fait des flaques d’eau dont on ne connait pas la profondeur, ça peut être à peine 1cm ou alors une bonne dizaine… Ça m’a valu un joint spy de cassé!! Arrivés vers la douane, on croise un dernier village avec cette même « belle route » mais à un moment deux gros chiens surgissent de nulle part et du coup on doit non seulement éviter les nids de poule mais on doit aussi se débrouiller pour aller plus vite pour épargner nos mollets d’une belle morsure!!

Baptisé l'"Emmental Road" par ma mère
Baptisée l’“Emmental Road“ par ma mère

On arrive au poste frontière et c’est de nouveau la galère pour Dingkai, cette fois-ci il ne pourra pas du tout rentrer… Il rebrousse chemin et je rentre donc sur le territoire arménien après avoir passé près d’une heure à me balader entre différents bureaux plus glauques les uns que les autres et ce à cause de la paperasse administrative liée à la moto… 50 euros plus tard et quelques paquets de clopes indirectement inhalés et je peux enfin reprendre la route!!!